FemmeWeb: Qu'entendez-vous par prendre du recul face à Internet?
Josée Blanchette: Je suis en phase 2. C'est comme mon refus d'avoir un cellulaire, et pourtant je suis une cible idéale, j'adore parler au téléphone! Mais ça prend du temps. J'ai arrêté de donner mon adresse électronique publiquement, je recevais beaucoup de messages de lecteurs. C'était long à gérer. Je ne passerai pas ma vie à répondre à du courrier électronique! Et les lecteurs, ils ne disent pas simplement «Merci et bon été», ils veulent un article pour eux tout seul. Le courrier électronique est tellement instantané. Il y a des inconnus qui m'écrivent leur vie!
Par contre, le côté Madame de Sévigné du courriel n'est pas pour me déplaire. C'est vrai que ça permet d'être en contact avec des gens, mais j'aime avoir du papier. Un ordinateur, ce n'est pas très sensuel. Mais, comme tout le monde, j'ai déjà dragué sur le Net. En même temps, je suis fascinée. Il y a un côté anarchique à Internet. C’est - théoriquement - toute la planète qui est accessible.
FW: À quand JoséeBlanchette.com?
J.B.: Pour l'instant, je n'en ai pas. Mais le phénomène m'intéresse. Tout le monde peut devenir quelqu'un sur Internet! De nos jours, on se définit comme entreprise. Mon frère me niaise souvent parce que je n'ai pas de site Web. Devant une page comme celle de Andrulla Blanchette (NDLR: cousine par l'hyperlien gauche), je suis admirative. Elle vend tout là-dessus, même un film qu'elle a fait elle-même. Ça prend un peu de naïveté pour faire ça. Mais je ne suis pas bloquée à l'idée d'avoir une page Web. Je pourrais y vendre mes tee-shirts, mon vernis à ongles, n'importe quoi. Pourvu que ça soit fait de façon intelligente, et payante.
FW: Depuis quelques temps, et plus précisément depuis que vous avez été victime d'un incendie dans lequel vous avez tout perdu, on dirait que vous êtes est plus zen...
J.B.: Vous trouvez? Non... J'en parle parce que c'est au goût du jour, mais je m'y intéresse depuis longtemps. Mon frère a été moine en Californie, je vais dans des ashrams depuis 20 ans. Si les gens ont tellement besoin de ça, c'est sans doute parce qu'on vit dans un monde trop techno, où il y a beaucoup de solitude. On se cache derrière les machines, ordinateurs, guichets bancaires et autres. Mais il n'y a rien comme le face à face. Moi, j'ai besoin de sentir, de voir.
FW: Croyez-vous qu'il y ait un Internet masculin et un Internet féminin?
J.B.: J'ai de la misère avec la séparation femme-homme. C'est vrai que les femmes sont de plus en plus branchées, mais ce sont quand même les gars qui s'équipent des plus récentes «bébelles». Je crois que les femmes sont gardiennes de la tradition, du contact humain. J'ai des amies qui ont des enfants, un travail... elles n'ont pas besoin de rajouter ça à leur horaire. Mais, effectivement, il y a une ghettoïsation dans l'Internet. Je pense aux e-zines féminins, je leur reproche ce côté Martha Stewart. Mais il est normal qu'il y ait un espace pour les femmes. C'est comme les revues, même si je trouve souvent très crétin ce qu'on propose aux femmes. Évidemment, ça prend un peu de tout, mais ce côté tendance, fait pour vendre... j'en ai ras-le-bol de la consommation. Pour certains magazines féminins, si tu ne fais pas du yoga cette semaine et de l'escalade la fin de semaine, on te parle plus! Il n'y a plus qu'un seul modèle de femme dans ces magazines.
Ses recherches:
AltaVista
Une petite recherche sur son nom de domaine?
Domain Search
Ses journaux:
Le Devoir
The National Post
Sa cousine Andrulla:
Andrulla.com
Un site qu'elle aimerait mais ne connaît pas:
Nerve