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Manger > Partie 3 : Prendre racine - Légumes et cuisson - On n’est pas nées pour un p’tit pain - Quels gènes éthiques? - Désinformation?


Prendre racine

Ainsi, et comme le suggérait l’alchimiste Paracelse (ce même Paracelse qui a échafaudé la théorie des signatures… que la betterave par exemple est rouge vif parce qu’elle régénère le sang, que la griffe du diable ressemble à des mains nouées d’arthrite…), on retrouve le lien magique entre nous et la terre que sont les fruits et les légumes, aussi délicieux que nutritifs et curatifs. La même betterave par exemple, avec son goût légèrement sucré, devient aussi une excellente aide digestive, tout en étant bienfaitrice pour les reins, la vessie et… l’humeur, effet positif provenant de la bétaïne. Aussi l’ananas et la papaye (frais) contiennent de formidables ingrédients pour bien digérer, en plus d’être des antioxydants notoires. La canneberge permet de calmer les infections urinaires et, tout comme les petits fruits foncés tels les bleuets, protége les yeux. La laitue, si on en grignote le cœur, est un formidable somnifère naturel. Surtout quand elles sont cuites (!), les tomates sont super-riches en licophène, un ingrédient anticancéreux qu’on retrouve aussi dans les choux et le curcuma.


Légumes et cuisson

Les légumes possèdent non seulement des enzymes qui permettent de digérer, mais aussi des minéraux qui sont altérés par la cuisson, encore plus au micro-ondes…d’où l’importance de les manger crus, à la vapeur ou cuits à moins de 110 degrés, ce qui préserve leur vitalité. Si on fait cuire les légumes à l’eau, il faut boire l’eau… sinon, cela reviendrait, comme on l’a lu quelque part, à manger la boîte de céréales et jeter les céréales (métaphore intéressante, non valable toutefois pour les fibres présentes dans les légumes). La germination est un outil formidable pour la santé, véritable usine à vitamines, minéraux et acides aminés, pas cher, surtout si on la fait soi-même. Au moins la moitié de cru à chaque repas nous assure d’avoir la plupart des nutriments essentiels, bien que, s’il n’est pas bio, le règne végétal soit moins riche, quoi qu'on en dise. Tant pis, bio ou pas (parce qu’on n’a pas toujours les moyens, mais on a un tuyau (www.equiterre.org), les fruits et légumes sont super importants, si tant est qu’on ne se ramasse pas avec des OMG ou des aliments irradiés. La compagnie Jalinis de Châteauguay, œuvrant au Canada depuis 1997, assure la promotion de la saine alimentation et du crudivorisme, avec notamment quatre sites Internet très bien faits. On y trouve toutes sortes d’informations aussi inédites qu’utiles. On peut y acheter aussi des livres, des appareils de cuisine ainsi que des produits naturels (www.aliv-e.com).


On n’est pas nées pour un p’tit pain

Quant au pain, nous ne pouvons que suggérer la vraie boulangerie. Là encore, il nous suffit de lire les ingrédients contenus dans les sacs de pain de ménage tranché… Farine enrichie, eau, sucre, levure, huile végétale, sel, farine de soya dégraissé (transgénique évidemment), gluten (réputé inutile) et conservateurs… rien à voir avec pain véritablement boulanger dont les ingrédients devraient se lire comme suit: farine de blé non blanchie et non traitée (biologique de préférence, mais bon…), eau de source, levure ou levain, sel de mer. Point. Pas besoin d’enrichir la farine avec des vitamines synthétiques du groupe B, elles sont là, le grain n’ayant pas été malmené par des traitements pour le blanchir avec des produits chimiques. Heureusement, depuis dix ans, les micro-boulangeries ont surgi ici et là, en ville et en région, avec des produits artisanaux de haute qualité et une trentaine de pains différents exposés, de la petite baguette jusqu’à la boule campagnarde au levain en passant par la miche d’épeautre ou de kamut, des céréales moins lourdes que le blé et plus connues aujourd’hui. Des chefs d’entreprise qui ont compris que le marché était prospère, grâce aux québécois de plus en plus nombreux qui apprécient les vraies bonnes choses. Pour la boulangerie, et même si à Montréal, Québec et en région existe une foule d’adorables échoppes qui produisent un pain artisanal d’excellente facture. Aujourd’hui, c’est incontestablement Première Moisson, qui récolte notre palme. D’abord parce qu’on y trouve le meilleur pain en ville et aussi parce que des succursales et comptoirs commencent à se trouver désormais un peu partout dans la province, sans perte de qualité. Enfin, les pâtisseries et charcuteries (hummm! les rillettes de volaille) sont tout aussi dignes de mention, avec souvent un coin bistro pour savourer toutes ces gourmandises. Et puis, l’entreprise familiale Colpron-Fiset (Liliane, Bernard, Josée, Stéphane, Sylvie… des gens d’affaires qui font travailler des artisans) a édité un super-livre sur la question de la boulange. Qu’on se le dise! www.premieremoisson.com


Quels gènes éthiques?

Autant, dans cette édition, nous laissons faire les gras trans parce que tout le monde en connaît les méfaits et que le gouvernement s’implique, autant nous attirons l’attention sur les organismes génétiquement modifiés qui se retrouvent un peu partout en tout impunité. Récemment, Greenpeace a lancé une petite trousse pour analyser les aliments afin de détecter s’ils sont composés de produits transgéniques ou non. Accessible aux particuliers, ce système de dépistage coûte environ 10$ et se vend en Europe. Toutefois, avant d’introduire l’appareil sur le marché canadien, Greenpeace veut d’abord se battre pour l’étiquetage des OGM, le gouvernement libéral n’ayant toujours pas tenu sa promesse. Les cancers, maladies chroniques, non transmissibles et auto-immunes s’amoncelant, est-ce une bonne idée d’ajouter encore une source non naturelle à notre quotidien déjà très pollué? 81% du soya, 65% du canola et 40% du maïs en Amérique du Nord sont génétiquement modifiés, sans obligation d’étiquetage tant que le gouvernement ne légifère pas. Ce qui veut dire que la plupart des plats préparés, potages, ragoûts, céréales, biscuits, gâteaux, puddings, crèmes glacées, aliments pour bébé (oups!) tartinades (dont le fameux Nutella si cher aux enfants) le sont avec des OGM émanant de l’huile de canola, de la lécithine de soya, du sirop de maïs, des farines, de l’amidon, de la maltodextrine… même si il est écrit sur la boîte « pas d’ingrédients artificiels » ou « pauvre en gras » ou « sans cholestérol »… Sans compter le lait qui en contient aussi puisque tout ce que mange la vache passe dans son pis. Dans notre enquête, l’un des pires produits transformés que nous ayons rencontrés se trouve être le bol de soupe de nouilles instantanée dont raffolent tant de gens pressés et d’étudiants qui mangent sur le pouce. En plus des OGM, plus que probablement présents, on y trouve une trentaine d’ingrédients dont gras trans, saveur, sodium excessif, glutamate monosodique, dextrose, sulfites… La plupart des jeunes connaissent mieux le cup-aux-nouilles que les spaghetti au pesto, la salade de taboulé ou que le saumon gravelax. Les laisser manger régulièrement ce genre de repas pas cher est presque criminel. Parce que, malheureusement, c’est à long terme que le corps commence à riposter avec toutes sortes de troubles métaboliques qui affectent l’équilibre humain. La santé commence dans l’assiette, nous disent certains, tandis que notre aliment doit être notre médicament. En prévention au moins, et dans le bénéfice du doute, il y a peut-être des choix de société à effectuer, dans notre façon de consommer.


Désinformation?

En janvier 2006, même Radio-Canada et le Devoir ont joué le jeu du pouvoir en affirmant que nos aliments sont exempts d’OGM. Heureusement, Greenpeace a profité de son droit de réponse pour réfuter, un à un, tous les arguments avancés. Il y a des OGM dans notre assiette, qu’on se le dise! Nous ne savons rien à long terme sur ces organismes modifiés qui existent non pas pour le bonheur du consommateur mais bel et bien pour engraisser des producteurs gloutons sans état d’âme quant à la santé publique. Sur le site de Greenpeace (www.greenpeace.ca/guideogm), la curieuse saura notamment parcourir la liste des marques susceptibles de contenir des OGM, dont certaines comme Le Choix du Président qui peuvent se retrouver des deux côtés grâce à des gammes biologiques. Le nombre d’articles dans la colonne rouge des « pas corrects » est ahurissant, avec nos marques préférées comme le ketchup Heinz ou la mayonnaise Hellman’s ou encore la soi-disant bénéfique margarine Becel. Sans pour autant tout boycotter d’un coup, quand même, cela fait réfléchir. Finalement, la solution consiste à manger le plus naturel possible (de l’huile d’olive extra vierge, du sel de mer, du pain artisanal, des légumes, des céréales complètes, du miel, du sirop d’érable, des jus purs…) et le moins transformé possible (pas de malbouffe, de croustilles, de plats tout faits, de tartinades, gâteaux et boulangerie industriels). Après ça, ben là, c’est la vie qui décide, faut pas virer folle non plus!




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