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Manger > Partie 7 : Intolérance ou allergie? - De pis en pis - Trop de paroles noient la vérité - Thierry Souccar & co - Acidité et alimentation


Intolérance ou allergie?

Les vendeurs de lait arguent que l’allergie du nourrisson ne dure guère après deux ou trois ans alors que dans une étude récente finlandaise, les deux tiers d’un groupe de 56 jeunes allergiques au lait de vache l’étaient encore à l’âge de dix ans. Il faut toutefois bien faire la différence entre une allergie au lait “innée” qui, à cause d’une réaction anormale du système immunitaire, peut aller de simplement gênante à quasiment mortelle, et une intolérance au lactose, rarement présente avant l’âge de deux ans. Parce que le corps ne produit plus l’enzyme lactase nécessaire à la digestion du sucre présent dans le lait, il assimile mal le lactose bovin qu’il ne reconnaît pas. Nombre d’intolérants le savent (environ 70% sur la planète), souffrant de douleurs abdominales, diarrhées et ballonnements dès qu’ils en consomment. Ceux qui ne peuvent vraiment pas s’en passer doivent opter pour les produits laitiers sans lactose, ou encore l’adjonction de l’enzyme lactase manquante.


De pis en pis

Il semble plus politiquement correct de dénoncer la malbouffe ou le tabac que les produits laitiers. Pourtant, ce n’est pas parce qu’il est pasteurisé et largement médiatisé que les effets secondaires du lait n’existent pas. Sans parler du lactose, dont l’intolérance est reconnue par l’industrie, les nocivités de l’or blanc viendraient notamment de la caséine, de la béta-lactoglobuline et de l’alpha-lactalbumine, très lourdes à digérer et facilement allergènes, mais aussi du mucus produit, entre autres, par un surplus d’acidité. Les sécrétions se logeraient alors dans toute la sphère ORL (otites, rhinites, sinusites, amygdalites...), les poumons (asthme, bronchiolites, bronchites...), l’intestin (candidoses, côlons irritables...), le système génital (vaginites, infections à champignons...). Pour ces individus sensibles, enfants ou adultes, parfois ignorant les raisons de leur inconfort, il conviendrait de remplacer adéquatement les produits laitiers (calcium et vitamine D) et de faire attention aux autres déclencheurs comme le sucre, le mauvais gras, l’excès de protéines, le gluten et le manque d’hydratation... Les amis du marché laitier évoquent un manque d’études scientifiques, affirmant que le mucus lacté est un mythe, alors que les témoignages abondent de personnes ayant supprimé, avec succès, les produits de la vache, notamment chez les enfants.


Trop de paroles noient la vérité

Pouvons-nous encore croire aussi crédulement les jolies publicités qui nous vantent les mérites de l’industrie laitière? Pourquoi les médecines douces, qui tentent de nous sensibiliser à ses excès depuis des années mais sans grands moyens, sont-elles accusées de désinformation alors que leurs opposants disposent de budgets publicitaires colossaux pour se promouvoir? C’est David contre Goliath! Tout est question d’éducation finalement, ce qui est très laborieux lorsque le gouvernement inclut les produits laitiers dans son Guide alimentaire canadien comme l’un des quatre groupes “obligatoires” à chaque repas, distribuant même du lait gratuitement dans certaines écoles primaires. Difficile aussi quand les instances, officiellement (www.plaisirslaitiers.ca) ou officieusement associées aux producteurs laitiers, tentent de nous persuader qu’aucune étude ne prouve les inconvénients du lait, qu’il faut en consommer deux à quatre fois par jour, qu’il faut boire du chocolat lacté pour se désaltérer malgré la présence de parfums artificiels, de sucre et de colorants, que même les intolérants au lactose devraient persister, que les produits du soya sont inférieurs à ceux de la vache et que, finalement, les produits laitiers sont les meilleurs remèdes calciques nous protégeant de toutes sortes de maux (comme si la SAQ suggérait sans nuances que les polyphénols de deux verres de vin allaient régler les problèmes cardiovasculaires)... Au milieu de cette complicité entre grandes puissances, comment contester la validité de ce qui finit, à force de propagande, par être admis de tout le monde?


Thierry Souccar & co

“ – Vous intervenez souvent dans les médias en tant qu’expert anti-lobby de l’industrie laitière. Ce combat semble vous tenir à cœur, pourquoi?

– Parce que je crois que c’est dans ce domaine que j’entends depuis des années le plus de mensonges. Il y a eu à un moment en moi comme une sorte de ras-le-bol de toutes ces campagnes publicitaires, ces messages gouvernementaux, ces experts aveugles et sourds. Donc, je me suis dit, avec Isabelle Robard, on va dire ce que l’on sait, on va mettre les pieds dans le plat. Pas avec des arguments mous, comme ceux des naturopathes, ni de l’idéologie, mais sur leur propre terrain, celui de la science, avec des études, des faits, des chiffres et au passage on va expliquer comment le lobby laitier a pénétré partout. ” (Thierry Souccar interviewé pour son livre Santé, mensonge et propagande… arrêtons d’avaler n’importe quoi.


Acidité et alimentation

On trouve des informations très intéressantes sur le site d’Extenso.org, une association notamment commanditée par les Producteurs laitiers du Canada, qui fait dans l’actualité en nutrition. L’équipe de rédaction s’assure de bien inciter le public à consommer sa ration de produits laitiers, tentant elle aussi de défaire les mythes anti-lait… mais avec quelques contradictions. Sur l’une de ses pages, le centre de références nous apprend que les protéines ne nuisent pas à la santé osseuse et que le fait d’en consommer insuffisamment est plus mauvais que d’en consommer trop. Dans une autre rubrique, les spécialistes expliquent que l’alimentation nord-américaine contient beaucoup de céréales et de produits d’origine animale, habitude de vie créant des résidus acides au sein de l’organisme, acidité contrôlée par le corps qui va chercher l’alcalinité dans les os et les muscles. Un peu plus loin, on sursaute en lisant qu’on peut manger acidulé sans souci, sachant qu’aucun aliment “n’influencerait le degré d’acidité du sang ou des cellules, sinon nous pourrions mourir à chaque repas”. En marge, une photo de citron, le seul agrume justement qui devient, en général, alcalin dans l’estomac. Voyons donc! L’acidité ne s’acquiert pas en une bouchée, ni dix, ni cent, mais bel et bien au fil des mois et des années. Et l’indice PRAL alors?




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